Conseil CTOJérémy Marquer

CTO parti du jour au lendemain : plan de transition en 21 jours pour éviter le chaos

Que faire quand le CTO quitte l’entreprise sans vraie passation ? Plan opérationnel en 21 jours pour sécuriser la production, protéger la roadmap et rassurer investisseurs/clients.

CTO parti du jour au lendemain : plan de transition en 21 jours pour éviter le chaos
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CTO parti du jour au lendemain : plan de transition en 21 jours pour éviter le chaos

Il y a des situations où, côté business, tout semble sous contrôle… jusqu’au moment où le CTO s’en va.

Parfois c’est un départ préparé. Souvent, non.

Et là, en 72 heures, tu découvres ce que ta boîte sait vraiment de son socle technique :

  • qui comprend l’architecture en profondeur,
  • qui peut décider des arbitrages produit/tech,
  • qui tient la relation avec les prestataires,
  • qui est capable de dire “on déploie” (ou “on ne déploie pas”).

Quand ce rôle reste vide trop longtemps, les symptômes arrivent vite : gel implicite des décisions, vélocité qui chute, stress équipe, et risque prod qui monte.

Bonne nouvelle : ce n’est pas une fatalité.

Avec une méthode claire, tu peux stabiliser la machine en 3 semaines, sans “mettre l’entreprise en pause”.

Le vrai risque n’est pas le départ, c’est le vide de pilotage

Le départ d’un CTO n’est pas toujours un problème en soi. Le problème, c’est l’absence de pilotage technique temporaire.

Dans les startups/PME, le CTO n’est pas juste “le plus senior des devs”. C’est souvent la personne qui tient :

  • la cohérence architecture,
  • la priorisation des risques,
  • la discipline delivery,
  • le lien entre business, produit et ingénierie.

Sans ce rôle, l’équipe peut continuer à coder… mais sans boussole commune. Et ce flou coûte cher :

  1. Décisions lentes ou contradictoires
    Chaque sujet devient un mini débat, faute d’arbitrage clair.

  2. Roadmap produit instable
    Le produit pousse des features, la tech voit les risques, personne n’aligne les deux.

  3. Risque opérationnel sous-estimé
    Les incidents “mineurs” s’accumulent jusqu’au vrai incident majeur.

  4. Signal négatif vers investisseurs et clients enterprise
    Dès qu’on demande “qui pilote la tech ?”, la réponse hésitante fragilise la crédibilité.

Quand activer un CTO de transition ?

Un CTO de transition (fractional/interim) est particulièrement utile si tu coches au moins 3 critères :

  • départ CTO déjà effectif (ou imminent) et recrutement > 2 mois,
  • roadmap business active (levée, lancement, gros deal, migration),
  • équipe technique de 4 à 25 personnes sans leadership senior stable,
  • incidents ou dette technique déjà perceptibles,
  • besoin de rassurer board/investisseurs/clients rapidement.

Objectif : reprendre le contrôle immédiatement, puis préparer sereinement la suite (recrutement CTO fixe ou évolution interne d’un lead).

Plan de transition en 21 jours (pragmatique, terrain)

Voici le cadre que j’utilise le plus souvent.

Jours 1-3 : sécuriser l’essentiel avant de “réorganiser”

Priorité absolue : éviter la casse.

Actions :

  • cartographier les flux critiques (paiement, onboarding, API partenaires, data),
  • vérifier les accès clés (cloud, CI/CD, monitoring, domaine, secrets),
  • instaurer une règle de gel partiel des changements risqués,
  • identifier le noyau de décision temporaire (CEO/COO + Product + référent tech).

Livrable utile : une page “risque & continuité” validée par direction + équipe.

Jours 4-7 : rétablir un pilotage clair

Ici, l’objectif n’est pas de “tout refondre”, mais de recréer un système de décision.

Actions :

  • définir qui décide quoi (architecture, priorités, dette, incidents),
  • remettre un rituel hebdo produit/tech orienté arbitrage,
  • clarifier les critères de go/no-go pour mise en prod,
  • poser des KPI simples : lead time, incidents P1/P2, charge imprévue.

Résultat attendu : moins de friction et de décisions en suspens.

Semaine 2 : triage de la roadmap et dette technique

À ce stade, beaucoup d’équipes veulent “accélérer”. Mauvais réflexe si la base n’est pas stabilisée.

On commence par un triage business :

  • Now : ce qui protège revenu, clients, fiabilité,
  • Next : ce qui améliore la capacité delivery à 4-8 semaines,
  • Later : utile, mais non critique.

En parallèle, on sort 3 à 5 quick wins techniques à fort ROI (exemples) :

  • fiabiliser un pipeline CI/CD fragile,
  • réduire le bruit alerting pour baisser le MTTR,
  • sortir une dépendance obsolète à risque,
  • documenter les runbooks incidents sur parcours critiques.

Semaine 3 : exécuter + préparer l’après-transition

Le but est double : produire des résultats visibles et transmettre.

Actions :

  • exécution des quick wins validés,
  • scorecard hebdo partagée direction/produit/tech,
  • fiche de poste CTO cible (si recrutement),
  • plan de montée en compétence interne (si promotion d’un lead),
  • dossier de passation propre (architecture, risques, décisions ouvertes).

Résultat : la boîte n’est plus “en apnée”. Elle retrouve de la prévisibilité.

Ce qu’un dirigeant doit exiger pendant la transition

Tu n’as pas besoin de tout comprendre du code.

Mais tu dois exiger de la clarté sur 5 points :

  1. Quels sont nos 3 risques tech business majeurs aujourd’hui ?
  2. Quelle partie de la roadmap est vraiment tenable ce trimestre ?
  3. Combien de capacité est absorbée par l’imprévu ?
  4. Quel est le plan 30/60/90 jours avec owner et métriques ?
  5. Quel scénario cible : CTO recruté, ou leadership interne renforcé ?

Si ces réponses ne sont pas explicites, tu pilotes à vue.

Erreurs fréquentes qui aggravent la crise

1) Laisser le vide décisionnel pendant le recrutement

Attendre 3-4 mois “le bon profil” sans pilotage intermédiaire est le scénario classique de dérive.

2) Passer en mode micro-management côté CEO

Vouloir compenser soi-même chaque décision technique épuise tout le monde. Il faut un cadre, pas plus de chaos.

3) Relancer des gros chantiers structurels trop tôt

Après un départ, la priorité n’est pas la “grande refonte”. C’est continuité + fiabilité + cadence.

4) Confondre “activité” et “progrès”

Beaucoup de tickets fermés ne veut pas dire risque réduit. Il faut suivre les bons KPI.

Cas réel (anonymisé)

SaaS B2B, 11 personnes en tech, CTO fondateur parti avec passation partielle.

Contexte initial :

  • incidents réguliers sur une intégration de facturation,
  • roadmap produit en tension,
  • aucun owner clair sur architecture et priorisation dette.

Intervention de transition (3 semaines) :

  • sécurisation accès + runbooks critiques,
  • triage roadmap orienté revenus et fiabilité,
  • refacto ciblée d’un service instable,
  • relance du rituel d’arbitrage produit/tech,
  • préparation du mandat de recrutement CTO permanent.

Après 6 semaines :

  • baisse nette des incidents critiques,
  • meilleure prévisibilité des livraisons,
  • board rassuré par un plan exécutable plutôt qu’un discours flou.

CTO de transition vs recrutement immédiat : quel choix ?

Ce n’est pas “l’un ou l’autre”.

Le plus efficace est souvent :

  • immédiat : CTO de transition pour stabiliser + cadrer,
  • ensuite : recrutement permanent sur un périmètre clarifié,
  • en parallèle : montée du leadership interne.

Tu gagnes en vitesse, tu réduis le risque de mauvais recrutement, et tu évites de prendre des décisions sous stress.

Checklist opérationnelle (à réutiliser en comité de direction)

Si tu veux une version ultra pratique, utilise cette checklist dès cette semaine :

  • Les accès critiques sont-ils centralisés et audités ?
  • Existe-t-il un owner explicite sur chaque flux business critique ?
  • Les critères de mise en prod sont-ils écrits et compris ?
  • Le ratio run/build est-il suivi chaque semaine ?
  • Les 3 principaux risques sont-ils revus en comité de direction ?
  • Le plan de leadership cible (interim + permanent) est-il documenté ?

Ce type de checklist peut sembler basique, mais c’est souvent ce qui transforme une période de crise en phase de reprise contrôlée.

Conclusion

Le départ d’un CTO est un moment sensible, mais c’est aussi une opportunité : remettre à plat les priorités, les règles de décision, et la gouvernance tech.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas de “trouver vite un remplaçant”. C’est de restaurer rapidement un pilotage fiable pour protéger le business.

Si tu veux, je peux t’aider à cadrer un plan de transition CTO en 10 jours :

  • diagnostic risque & continuité,
  • priorités 30/60/90 jours,
  • dispositif de pilotage produit/tech,
  • préparation du scénario cible (recrutement ou promotion interne).

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