Conseil CTOJérémy Marquer

Startup en retard produit : plan CTO freelance en 90 jours pour reprendre le delivery

Comment remettre une startup sur les rails quand le delivery dérive : diagnostic, priorisation, gouvernance et exécution en 90 jours avec un CTO freelance.

Startup en retard produit : plan CTO freelance en 90 jours pour reprendre le delivery
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Startup en retard produit : plan CTO freelance en 90 jours pour reprendre le delivery

Tu as une équipe qui bosse dur, des sprints qui s’enchaînent, des tickets fermés… et pourtant la roadmap business reste en retard.

C’est un scénario très fréquent dans les startups et PME tech :

  • les fondateurs sentent que “ça n’avance pas assez vite”,
  • le produit pousse des deadlines commerciales,
  • la tech répond “on manque de bande passante”,
  • personne ne sait vraiment où se perd la vitesse.

Le problème n’est souvent pas le talent de l’équipe. C’est l’absence de pilotage techno-produit adapté au stade de la boîte.

Et c’est précisément là qu’un CTO freelance (fractional CTO) peut faire la différence : remettre de la clarté, de la cadence, et une trajectoire crédible sans recruter dans la panique.

Voici le cadre que j’utilise sur le terrain pour redresser un delivery en 90 jours.

Les signaux d’alerte d’un delivery en dérive

Avant de parler solution, il faut nommer les symptômes. Si tu reconnais au moins 4 signaux ci-dessous, il y a urgence à reposer le pilotage.

  1. Roadmap mouvante chaque semaine
    Les priorités changent au gré des urgences commerciales.

  2. Lead time qui s’allonge
    Entre “on décide” et “c’est en prod”, les délais explosent.

  3. Dépendances critiques sur 1 ou 2 personnes
    Dès qu’un senior est absent, le flux se bloque.

  4. Dette technique ignorée puis subie
    On reporte les sujets de fiabilité… jusqu’à l’incident.

  5. Conflit latent produit vs tech
    Le produit parle vitesse, la tech parle risque, et les arbitrages manquent.

  6. Aucune vision capacité run vs build
    Impossible de dire combien de temps part en maintenance, bugs, support, incidents.

  7. Comex/board sans visibilité fiable
    On partage des “updates”, mais pas une prévisibilité mesurable.

Tant que ces points restent flous, rajouter des développeurs ne résout pas le fond du problème.

Pourquoi un CTO freelance est souvent le bon levier

Quand une startup est en retard, la réaction naturelle est : “on recrute un CTO full-time”.

Parfois c’est la bonne décision, mais pas toujours dans l’immédiat.

En pratique, un recrutement CTO prend souvent 3 à 6 mois (parfois plus), et le risque est de faire un mauvais choix sous pression.

Le CTO freelance apporte trois avantages immédiats :

  • Vitesse d’activation : démarrage en jours, pas en trimestres.
  • Focus résultat : mandat clair sur delivery, risques et gouvernance.
  • Neutralité d’arbitrage : capacité à recadrer les priorités entre business, produit et tech.

Le but n’est pas de “remplacer tout le monde”. C’est de remettre un système qui fonctionne et de préparer la suite (recrutement, promotion interne, ou modèle hybride).

Le plan de redressement en 90 jours

Phase 1 (Jours 1 à 15) : diagnostic opérable, pas audit PowerPoint

Objectif : comprendre où la machine perd de la vitesse avec des preuves, pas avec des opinions.

Actions clés :

  • analyse du flux delivery (du ticket à la production),
  • cartographie des goulots (validation, QA, dépendances, CI/CD, architecture),
  • état des lieux run/build (maintenance vs nouvelles features),
  • revue incidents des 90 derniers jours,
  • entretiens courts avec CEO/COO, Product, Engineering.

Livrables utiles (concrets, exploitables) :

  • scorecard baseline (lead time, fréquence de déploiement, incidents P1/P2, temps imprévu),
  • top 5 causes racines de la dérive,
  • plan d’action priorisé avec effort/impact.

Le piège ici : vouloir tout traiter. Le bon réflexe : identifier les 20% de sujets qui débloquent 80% du flux.

Phase 2 (Jours 16 à 45) : stabiliser le système de décision

Beaucoup d’équipes pensent que le problème est uniquement technique. En réalité, c’est souvent un problème de gouvernance.

On remet donc en place des règles simples :

  1. Qui décide quoi (architecture, priorités, quality gate, incidents)
  2. Rituel hebdo d’arbitrage produit/tech orienté impact business
  3. Cadre de priorisation unique (Now / Next / Later, avec critères explicites)
  4. Définition stricte de “Done” (tests, monitoring, rollback, documentation minimale)

En parallèle, on traite les quick wins à ROI immédiat, par exemple :

  • réduire un pipeline CI/CD trop lent,
  • fiabiliser une intégration qui casse régulièrement,
  • diminuer le bruit d’alerting pour accélérer la résolution,
  • sécuriser des accès cloud/production mal gouvernés.

Résultat attendu : baisse du chaos opérationnel, amélioration visible de la cadence en 3 à 4 semaines.

Phase 3 (Jours 46 à 90) : accélérer sans recréer de dette

Une fois stabilisé, on peut ré-accélérer proprement.

Ce qu’on met en place :

  • roadmap 90 jours alignée business + capacité réelle,
  • lotissement des initiatives en tranches livrables,
  • gestion explicite des dépendances produit/data/ops,
  • suivi hebdo des KPI de delivery en comité de pilotage.

Et surtout : on prépare l’après.

Deux scénarios possibles :

  • Scénario A : recrutement d’un CTO permanent avec fiche de poste réaliste,
  • Scénario B : montée en responsabilité d’un lead interne avec accompagnement.

Le redressement n’est durable que si l’organisation sait continuer sans “héros”.

Les KPI à suivre (et ceux à éviter)

Si tu veux piloter un redressement, il te faut des métriques de flux, pas des vanity metrics.

KPI utiles

  • Lead time moyen par type de ticket
  • Fréquence de déploiement
  • Taux d’incidents P1/P2
  • MTTR (temps moyen de résolution)
  • Part de capacité consommée par l’imprévu
  • Respect des engagements par lot (pas par “grosse release”)

KPI trompeurs

  • Nombre brut de tickets fermés
  • Nombre d’heures “occupées”
  • Vélocité story points sans contrôle qualité

Tu veux mesurer une chose : la capacité de l’équipe à livrer de la valeur de façon prévisible.

Cas terrain (anonymisé)

SaaS B2B, 16 personnes, équipe tech de 7 développeurs. Retard de 5 mois sur une roadmap commerciale clé.

Situation de départ :

  • 42% du temps absorbé par le run non planifié,
  • 1 déploiement toutes les 2 à 3 semaines,
  • incidents récurrents sur le module de facturation,
  • tensions fortes entre CPO et équipe engineering.

Intervention 90 jours :

  • remise à plat des priorités avec comité produit/tech hebdo,
  • sécurisation du flux facturation + observabilité,
  • standardisation de la définition de Done,
  • découpage des features en incréments livrables,
  • accompagnement du lead dev sur le rôle de référent.

Résultats au jour 90 :

  • fréquence de déploiement multipliée par 2,6,
  • baisse significative des incidents critiques,
  • lead time réduit de 34%,
  • roadmap business redevenue crédible auprès des équipes et du board.

Le point clé : on n’a pas “travaillé plus”. On a mieux piloté.

Les erreurs qui sabotent le redressement

1) Lancer une refonte globale trop tôt

Quand tout va mal, la tentation est de repartir de zéro. Mauvaise idée si le delivery est déjà fragile.

2) Sur-promettre au business pour “rassurer”

Des promesses intenables créent plus de défiance que de transparence.

3) Mélanger urgence et priorité

Tout urgent n’est pas stratégique. Sans filtre, la roadmap devient une file d’attente d’urgences.

4) Ignorer la couche humaine

Les problèmes de delivery sont aussi des problèmes de communication, de responsabilités, et de confiance.

Quand faire appel à un CTO freelance ?

Le bon moment, c’est avant que le retard devienne une crise client ou finance.

Concrètement, si :

  • ton équipe est compétente mais désalignée,
  • tu dois livrer des milestones business dans les 3 prochains mois,
  • tu n’as pas encore la bande passante pour recruter un CTO permanent,
  • tu veux un plan structuré plutôt qu’une succession de “coups de collier”,

… alors un mandat CTO freelance peut te faire gagner plusieurs trimestres.

En résumé

Un delivery qui dérive n’est pas une fatalité. Mais il ne se corrige pas “à l’instinct”.

Il faut :

  • un diagnostic opérable,
  • une gouvernance claire,
  • des quick wins ciblés,
  • une exécution disciplinée sur 90 jours,
  • et une trajectoire de leadership pour la suite.

Si tu veux, je peux te proposer un diagnostic flash de ton delivery et te dire, en 30 minutes, où se trouvent tes 2-3 leviers majeurs de reprise.

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